samedi 21 août 2010 :: par Thierry Gagnon

Chien perdu, d’où viens-tu ?

Un petit chien égaré perturbe la vie de mon voisinage et m’entraine dans une quête épique et humide.

Les chiens ne devraient pas se perdre le dimanche

Dimanche dernier, un petit chien à poursuivi le chat de notre estimé voisin jusqu’à la porte arrière de leur maison. Une fois chassé, le petit garnement s’est retrouvé dans notre cour, visiblement dans l’espoir que notre chatte serait plus participative. Avec l’aide de nos voisins, nous finirent par maîtriser l’intrus et à lui passer une solide laisse en corde. Mais d’où viens ce chien ? Qui est son maître et quoi faire de lui ?

Nous décidons que nous ne pouvons pas relâcher cet animal dans la rue. Y a-t-il un numéro de téléphone sur la plaque de sur son collier ? Non, seulement un numéro d’identification. Alors, la solution est simple, il suffit d’appeler la fourrière municipale !

Mais non, nous sommes le week-end et les services municipaux sont fermés. La SPCA de la région est aussi fermée. On dirait bien que nous devrons garder notre invité jusqu’à demain. Une chance qu’il est très gentil et reste tranquille dans le coin de cour où notre voisin l’a installé.

Le soir venu, on attache le chien à notre galerie pour le protéger de la pluie avec un coussin pour son confort. À part quelques gémissements, il semble résigné à son sort.

Une grande épopée mouillée

Après avoir couché les enfants, je réalise qu’il est nécessaire d’aller promener le chien si nous voulons passer une bonne nuit, lui y-compris. Je mets mon imperméable, saisis sa laisser improvisée et on y va !

Je décide le de laisser choisir la direction de la marche dans l’espoir qu’il me ramène chez lui. Il tourne à gauche sans hésitations et trotte d’un pas empressé, ce que je trouve encourageant.

Nous remontons la rue comme la pluie se fait de plus en plus intense. Après avoir visité quelques arbustes, le chien court subitement vers une maison jaune au coin de la rue. Il monte immédiatement les marches de la porte avant et je dois le restreindre pour contenir son excitation. Victoire ! Nous avons trouvé sa maison !

Mais non. Je cogne et puis sonne à la porte et toute la petite famille accours pour voir l’étranger et le chien et m’apprendre qu’il n’est pas à eux. Par contre ce n’est pas la première fois qu’ils le voient car il se retrouve souvent chez eux. Apparemment il demeure dans un cul-de-sac un peu plus loin, à 10 minutes de marche, mais ils ne savent pas exactement quelle maison.

Un instinct (in)infaillible

Je continue notre promenade sous l’averse, esquivant les ruisseaux et flaques d’eau qui s’accumulent sur le pavé. Lorsque j’arrive au cul-de-sac, les semelles de mes souliers font splish-splash à chaque pas et mes pantalons me collent à la peau.

Le chien me mène rapidement à la maison au coude du tournant de la rue. Enfin ! Mais non, il ignore la porte et va s’enfouir sous la haie de cèdre. Je le sors et nous continuons plus loin. Il m’amène à une maison au fond du cul-de-sac où un gros chien jappe à la fenêtre. Voilà sûrement la maison de son maître ! Ah, non. Le jeune homme ne reconnaît même pas le petit chien mais il reconnait mes efforts et me montre son chien au cas où il se perdrait lui-aussi.

En sortant, j’aperçois la famille de la maison du coin de la rue, celle avec la haie de cèdre, sortir de leur camionnette avec leur épicerie. Je les hèle alors qu’ils se sauvent de la pluie battante. Connaissez-vous ce chien ? OUI !!! Il habite dans la maison de l’autre côté de la rue. La même que le chien avait totalement ignoré lorsqu’il avait couru avec tant d’empressement vers la haie de cèdre ; une des rares maisons de cette petite rue vers laquelle il n’est pas allé. Non mais de quel genre d’instinct on parle ici ?

Détrempé de la tête aux pieds, le collier du chien excité fermement en main, je sonne à la porte. À ma grande satisfaction le maître de la maison reconnait son pitou et me remercie de l’avoir ramené. Apparemment, il l’aurait perdu lors d’une course matinale. Je lui décris où il a été trouvé et les émois félins qu’il a causé. Il m’explique que son chien, un Jack Russel Terrier, avait à peine deux ans et qu’il était typique qu’il cherche à se sauver. Je luis dis au-revoir sans pouvoir lui serrer la main, dégoulinant d’eau de partout, et prends le chemin du retour, heureux d’en avoir fini avec cette histoire et par-dessus tout, heureux qu’être mouillé n’est pas mortel.

Conclusion

Tant va le chien sous l’eau qu’à la fin il se case.

Merci à Mathieu Pigeon pour avoir trouvé la parfaite morale à cette histoire !

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